Si l'abeille venait à disparaître, l'homme n'aurait plus que quelques années à vivre
A. Einstein
par Ile Eniger
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Ce texte a été écrit en 2001 en hommage à un ami cher qui avait décidé de quitter la vie et qui s'en était allé le 3 mai.
Le plus impraticable, effacer ta voix sur mon agenda
Tu es parti. La porte ferme le jardin. D'une déflagration les violettes ont neigé. Une averse de plus sur la douleur du soir. Dans le dernier soleil un cri d'oiseau, et c'est ton rire, et c'est ta
voix.
L'absence et la présence et l'oubli de la vie et l'oubli de la mort juste avant le silence.
Point d'eau dans le désert, et c'est le même mot qui dit la source et le tarissement. Puis, d'une rive à l'autre, toi sur la passerelle, silencieux, éclairé. Tes mots dans leur dernière coupe. Tes
mots pour éviter la lie.
Sur le papier, mon écriture. Blanche.
Ile Eniger, Une pile de livres sous un réverbère - Editions Cosmophonies
par Ile Eniger
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Je cherche mes clés où je ne les ai pas perdues. Comment ouvrir la porte de la joie ? L'écriture, ce chemin de traverse, monte sacrément ! Aurais-je le souffle ? Mon amour est ailleurs, mes heures
s'éparpillent, mes gestes font de l'ombre, où est midi ? Je vais d'une à l'autre pensée dans des souliers trop grands, ou trop petits. Jette-les ! Qui a parlé ? Les fleurs ont un air goguenard
quand je les arrose, arrose-toi toi-même ! Une fourmi prend ma terrasse pour un monde. J'ai de la chance de pouvoir l'écrire.
Ile Eniger, Poivre bleu
par Ile Eniger
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